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H. Il y avait une cambuse. On fait un feu dedans, en plein milieu. La cambuse est là et on fait un feu dedans comme dans un foyer, voyez-vous? Et il y avait un tuyau qui montait ici, voyez-vous, pour faire sortir la fumée.
R. Je vois.
H. Le feu était là et tout le monde s’installait autour pour faire sécher les vêtements. Oui, je les ai vus … je les ai vus, mais j’ai toujours été trop jeune pour travailler à l’époque où ça existait.
R. Pouvez-vous me donne une idée de l’atmosphère à l’intérieur? C’était bien éclairé ou …?
H. Ben, pour ça, c’est certainement très éclairé maintenant. En tout cas, c’était sûrement beaucoup plus éclairé qu’une cambuse sans feu. Car quand on l’allumait, ça faisait beaucoup de lumière dans la nuit.
H. Mais quand même … dans le temps, on n’avait rien d’autre que de l’huile de charbon.
R. Il y avait des courants d’air à l’intérieur?
H. Non. Ils avaient pensé à ça, il ne faut pas trop de courants d’air, vous savez. Ils voulaient un feu qui se consume lentement, pas un gros brasier. Ils avaient du bois franc, ils prenaient du bois franc, vous savez, du bois franc bien sec; ils le fumaient. Ça fait un feu qui dure et ça retient bien la chaleur. Mais n’oubliez pas qu’ils cuisinaient avec ça aussi. Ils faisaient des fèves au lard, du jambon. Ils laissaient le chaudron dans le sable brûlant toute la nuit et, le matin, il y avait de bonnes fèves au déjeuner. Oui monsieur, c’est ce qu’on faisait dans les cambuses. Bien carrée, la cambuse, assez grande, bien carrée, et il y avait un tuyau qui descendait ici, jusqu’au … qui montait jusqu’au toit. Et là-bas, là, il y avait un coude … ici, sur le côté. Vous savez, j’en ai vu plusieurs qui pliaient du fer sur le côté. Parfois, on battait du grain sur la machine. En fait, ces manteaux, accrochés là pour tirer toute la poussière. On les laisse suspendus autour de ce gros tuyau et le tuyau aspire la boue et la poussière. Tout sort par le tuyau, même les grains.
R. Je comprends.
H. Et si jamais le feu prend, il est aspiré lui aussi. Mais il n’y avait jamais d’étincelle à l’intérieur, juste beaucoup de chaleur. Ah, le camp était bien chaud et confortable.
R. Vous avez dit que les hommes se rassemblaient autour du feu pour faire sécher leurs vêtements. Avaient-ils un support quelconque pour accrocher leurs vêtements?
H. Ils avaient une série de poteaux.
H. Avec des crochets.
R. Quel genre de vêtements faisaient-ils sécher?
H. Ben … ils faisaient sécher … dans le temps, dans les camps de bûcherons, on portait seulement des pantalons en Mackinaw. Des gros pantalons en Mackinaw, des sous-vêtements épais, rien que des vêtements chauds. Il fallait être dehors à quatre heures du matin avec son attelage de chevaux et rester dehors des fois jusqu’à 9 heures du soir. Il fallait travailler fort pour gagner sa vie.